La Capitale : un mannequin immobilier au détriment de la performance énergétique

Construction engineerUne étude menée par l’Agence Départementale d’Information sur le Logement de Paris (ADIL 75) révèle que les parisiens privilégient l’apparence de leur copropriété au détriment de la performance énergétique de cette dernière.

En effet, l’ADIL constate que les travaux engagés au sein des copropriétés parisiennes et considérés comme « indispensables » sont prioritairement des travaux de confort, des travaux de style ou d’apparence.

Si on savait tous que la Capitale est le reflet du luxe et du bon goût à la française dans le monde de la mode, on savait moins que ce trait de caractère se reflétait aussi dans l’immobilier. Pourtant, 93 % des sondés manifestent une volonté de travaux dans l’unique objectif d’embellissement de la copropriété.

Si ce trait de caractère bien français peut sembler en apparence superficiel, il peut s’avérer légitime si l’on considère que ces travaux d’embellissement relèvent d’une stratégie financière. Il est objectif de souligner que les travaux d’embellissement les plus fréquents à savoir ; le ravalement de façade, la rénovation d’une toiture ou encore l’aménagement d’une cage d’escalier, peuvent peser favorablement sur le prix de vente du bien immobilier si ils ont été effectué avec goût.

En mettant donc l’accent sur l’apparence de leur copropriété, les parisiens entendent ainsi maximiser, optimiser leurs chances d’obtenir un bon prix dans le cas d’une éventuelle revente.

Seulement cette attitude a des conséquences qui déçoivent les efforts du Gouvernement. En effet, en s’engagent dans de tels travaux d’embellissement les parisiens investissent une enveloppe budgétaire importante qui épuise, souvent totalement ou presque, l’enveloppe attribuée aux travaux de rénovation énergétique.

Le stricte choix du beau et du confort, parfois seulement visuel, au détriment de la performance énergétique des copropriétés est en contre sens total avec les dernières dispositions gouvernementales.

En effet, selon l’enquête réalisée par l’ADIL de Paris, la performance énergétique n’est pas un style séduisant et reste finalement très accessoire pour les copropriétaires.

Alors que le Gouvernement sous l’initiative la Ministre Ségolène Royal fait de la rénovation énergétique du parc immobilier privé, l’une de ses priorités, il faut nécessairement constater le décalage avec la réalité. La performance énergétique ne séduit pas les parisiens qui manifestement préfèrent le beau au performant.

L’étude révèle aussi que non seulement l’embellissement immobilier est LA priorité mais aussi que « 90 % des copropriétaires interrogés ne sont pas mobilisés pour effectuer des travaux d’économies d’énergie, pourtant encouragés par les pouvoirs publics ». Le constat est révélateur d’un état d’esprit français relativement inquiétant.

Pour expliquer ce désintérêt, l’ADIL 75 met certes en avant le coût important des travaux de rénovation énergétique mais pointe aussi du doigt le manque évident d’information dont disposent les propriétaires en matières d’aides financières au soutien des travaux de performance.

Une remise en question doit nécessairement se faire sur cet évident manque de communication (malgré un spot publicitaire à la télévision) lorsque l’ADIL découvre que seuls 38 éco prêts à taux zéro, crédits dédiés au financement de la performance énergétique, ont été distribué sur Paris en 2014.

Le décalage entre la volonté de l’exécutif et des élus, avec la réalité du marché des travaux en immobilier se marque encore d’avantage sur le projet de Loi de Transition Energétique à l’initiative de la Ministre Ségolène Royal.

En effet, ne se limitant pas à la seule approbation, le Sénat est intervenu pour améliorer le texte en prévoyant notamment une rénovation obligatoire des bâtiments privés résidentiels les plus énergivores, et ceci à échéance 2020.

La Ministre en charge de l’Ecologie, du Développement Durable et de l’Energie s’est ainsi félicitée d’une collaboration enrichissante et d’un « travail d’une grande qualité ».

Cette disposition restrictive pour les logements du parc immobilier privé s’applique, pour le moment, uniquement pour les bâtiments c’est-à-dire que la mesure ne concerne pas les logements individuels. Cette disposition s’explique  par un simple constat : « le bâtiment représente 43 % de la consommation d’énergie nationale et 25 % des émissions de gaz à effet de serre ».

Les bâtiments considérés comme les plus énergivores sont ceux dont la consommation d’énergie primaire, c’est à dire disponible sous cette forme dans la nature avant toute transformation par intervention de l’Homme, dépasse les 330 kWh par mètre carré et par an.

La Haute Assemblée insère également un article additionnel au projet de Loi initial sur la Transition Energétique, qui rend progressivement obligatoire, à partir de 2030, la rénovation des logements à l’occasion d’une vente en fonction de la performance énergétique du logement.

Il résulte de cette disposition, pour l’instant passée inaperçue aux yeux du grand public, des conséquences financières très importantes. Sans trop s’avancer puisqu’il ne s’agit encore que d’un projet de loi, ces mesures pourraient signifier que les propriétaires vendeurs verraient leur prix de vente légalement régulé en fonction de la performance énergétique de leur logement ? Ou peut être que l’investissement dans certains travaux d’isolation serait nécessaire avant toute opération de vente immobilière ? Ce ne sont certes que des hypothèses, mais qui dans tous les cas restreignent la vente immobilière.

L’adoption définitive de ce texte de loi relatif à la Transition Energétique pour la Croissance Verte est prévue pour début Mars prochain.

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